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Mai 05

Les élèves de la section euro espagnol sur les « CHEMINS DE L’EXIL »

Les 2 et 3 avril derniers 35 élèves de Terminale et de Première du lycée ont suivi les « chemins de l’Exil », empruntés 76 ans plus tôt par des centaines de milliers de réfugiés Espagnols à la fin de la « Guerre d’Espagne ».

 

L’échec du coup d’Etat organisé les 17 et 18 juillet 1936 par des militaires (Mola, Sanjurjo, Quiepo de Llano, Franco …) contre la Seconde République Espagnole précipite l’Espagne dans une terrible guerre civile. En janvier 1939, la Catalogne fait partie des derniers bastions républicains et la chute de Barcelone le 26 janvier 1939 déclenche un exil massif de civils et de militaires vers la France. Près de 500 000 hommes, femmes, enfants, vieillards ont, en quelques jours (du 28 janvier au 13 février), franchi la frontière pour venir se réfugier en France et fuir l’avancée des troupes franquistes victorieuses.

 

Aboutissement d’un travail effectué en classe de 1ère Euro autour de la guerre d’Espagne, de l’exil et de l’accueil des réfugiés, ce projet a permis aux élèves de se rendre pendant deux jours sur les lieux d’un des principaux exils du XXe.s (près de 500 000 réfugiés en à peine 2 semaines). Pour les terminales, cela a été l’occasion d’approfondir l’un des thèmes au programme de l’épreuve de DNL en vue du baccalauréat, celui de la construction des mémoires d’un événement historique, en l’occurrence celles de la guerre civile espagnole après 1939.

 

Encadrés par Mónica guide du Musée de l’Exil de la Junquera et après une visite du musée (inauguré seulement en 2007), les lycéens ont mis leurs pas dans ceux des réfugiés de 1939 dont les dirigeants du gouvernement légal de la Seconde République Espagnole Manuel AZAÑA , Juan NEGRÍN (respectivement président de la république et 1er ministre) et Lluís COMPANYS (président de la Généralité de Catalogne) depuis le village de La Vajol jusqu’au col de Lli et la France. monument_exilL’occasion également d’admirer le monument à l’exil (créé en 2000) inspiré d’une photographie très célèbre d’une famille de réfugiés ou encore de découvrir la surprenante histoire de la Mina Canta qui a abrité une partie du « trésor de la république » constitué de l’or de la Banque d’Espagne mais surtout d’œuvres d’art retirées des principaux musées espagnols.

 

La deuxième journée fut consacrée aux conditions d’accueil des réfugiés .Les élèves se sont rendus sur la plage d’Argelès plaque_Argelès où en février près de 100 000 réfugiés avaient été « parqués » par des autorités française débordées par l’ampleur d’un exil qu’elles n’avaient pas su anticiper. La visite s’est terminée avec la maternité d’Elne. groupe_maternité_3Pendant la seconde guerre mondiale grâce à l’audace et au courage d’une infirmière Suisse, Elizabeth Eidenbenz, près de 600 enfants ont pu naître et survivre à l’extérieur des camps.

 

Un court séjour qui s’est déroulé dans d’excellentes conditions grâce à un groupe dont l’état d’esprit a été remarquable. Deux jours qui ont également permis aux lycéens de prendre conscience du caractère intemporel et universel des problématiques liées à l’exil et aux réfugiés comme nous le rappelle trop régulièrement et tristement l’actualité.

 P. FASSINA, professeur d’histoire géographie et chargé de la section euro espagnol au lycée, F. GRELETTY et JC BATTÚ accompagnateurs.